L'écho des cèdres n°4

Chers membres ,

       Le hasard du calendrier et de nos activités fait que ce bulletin sera placé tout entier sous le signe de la mémoire et du croisement : croisements des mémoires et croisements des regards qui seuls garantissent une croissance harmonieuse et durable.
        En effet, comment ne pas commencer par évoquer en premier lieu Amin Maalouf et Ghassan Tuéni, entrés tous les deux dans l’immortalité, le premier dans celle, temporaire, que l’Académie Française accorde à quelques uns de ceux qui ont su aimer et servir la langue française, le second dans celle, définitive vers laquelle tend toute belle vie.
        L’épée d’Académicien d’Amin Maalouf rassemble en un seul objet des symboles, des héritages, des hommages qui sont autant de liens, liens du coeur et liens de l’esprit.
        Son épée a été fabriquée par la maison Arthus-Bertrand. Elle comporte une Marianne et un Cèdre du Liban, en deux médaillons de même taille, une sculpture représentant l'enlèvement d'Europe, princesse phénicienne, par le dieu Zeus déguisé en taureau.
        "J'y vois le symbole des relations fort anciennes entre l'Occident et le Levant", explique l'auteur.
        Sur la lame sont gravés d'un côté les prénoms de sa femme et de ses trois fils, de l'autre les premiers mots d'un poème composé par son père.” (Libération, 14 juin 2012). Le jeudi 14 juin, l’auteur des Identités meurtrières et de L’Amour de loin, parmi beaucoup d’autres titres, faisait son entrée sous la Coupole. Lors de la cérémonie de remise de l’épée par le Comité d’Honneur, Amin Maalouf a évoqué cette très belle coïncidence qui a voulu que le numéro de son siège, le 29, soit la date de mariage de ses parents. C’était aussi le siège de Claude Levi-Strauss. Ainsi l’auteur des Croisades vues par les arabes succède-t-il à “l’homme au regard éloigné”. Regards croisés pour un nouvel humanisme. Nous vous renvoyons à l'interview d’Amin Maalouf par le journaliste Elie Masboungi parue dans L’Orient-Le Jour directement après l’élection du franco-libanais à l’Académie.


  
     Vous découvrirez les discours, celui de Jean-Claude Rufin et celui d’Amin Maalouf en hommage à Claude Levi-Strauss sur le site de l'Académie Française. Vous pourrez également visionner le film de la séance de réception sous la Coupole.
     Il est intéressant de noter que l’un des deux parrains que s’est choisi Amin Maalouf n’est autre que Pierre Nora, auteur du magistral ouvrage en trois tomes sur Les Lieux de mémoire(T 1 : La République. T 2 : La Nation. T 3 : Les France.)
     Avec Assia Djebar, Amin Maalouf est le deuxième académicien à marier culture arabe et culture française. L’un et l’autre ont été formés au sein d’institutions prestigieuses, l’Ecole Normale Supérieure pour la première, les Jésuites pour le second. Ce fructueux dialogue des langues est une que l’association a inscrit dès sa fondation au coeur des ses préoccupations, par l’intermédiaire de Bassam Baraké, linguiste, secrétaire général de l’Union des Traducteurs Arabes... et père de Farah  et de Fida , linguistes elles aussi ! De très beaux projets se dessinent, en partenariat avec d’autres associations et institutions. Nous en reparlerons. 

      Enfin, il serait trop long d’évoquer ici la figure lumineuse de Ghassan Tuéni. Contentons-nous de citer le prière d’insérer de l’ouvrage auquel nous renvoyons quiconque souhaite mieux connaître l’homme et ses combats pour la paix, le droit et la justice : Enterrer la haine et la vengeance – Un destin libanais de Ghassan Tuéni, paru chez Albin Michel en 2009.
      “Dans un monde où les vérités sont si dangereuses à dire, Ghassan Tuéni est un homme libre. Il l’a prouvé tout au long de sa vie à la tête d’An-Nahar dont il a fait le premier quotidien en langue arabe par sa diffusion et le symbole reconnu par tous du dialogue des cultures et des croyances. Entré en politique à vingt-quatre ans, tour à tour député, vice-président à la Chambre, ministre, ambassadeur auprès des Nations Unies, il s’est servi de sa tribune d’éditorialiste pour tenter d’imposer auprès de toutes les communautés religieuses le devoir de “vivre-ensemble”...
      Citoyen et journaliste engagé, il a pourtant payé au prix fort cette passion de servir la vérité. [...] Dans ces pages poignantes, Ghassan Tuéni retrace son parcours et révèle, pour la première fois, la manière dont il a puisé dans les drames et les douleurs de sa vie la force de demeurer un homme de pardon.” Un très bel hommage a été rendu par Bahjat Rizk, attaché à l’Unesco  dans L’Orient-Le Jour. 



     Ghassan Tuéni était aussi le mari de l’immense poétesse, Nadia Tuéni dont nous vous invitons à lire quelques vers à côté d’extraits d’autres auteurs libanais d’expression française qui furent dits par Mme Vernes-Karaoglan au cours de la soirée d’inauguration, le 7 novembre 2011. Parmi ces auteurs vous trouverez, outre Nadia Tuéni et Amin Maalouf, Andrée Chédid, Salah Stétié... autant d’auteurs, parmi d’autres auteurs libanais d’expression française, qui mériteraient ou qui auraient mérité eux aussi de suivre Amin Maalouf sur la voie l’Immortalité. Comme l’a dit non sans humour mais non sans sincérité le Franco-Libanais Jean d’Ormesson, membre de l’Académie Française, lors de la remise de l’épée : “Le français se perd en France, heureusement qu’il existe encore quelques Libanais pour parler cette langue comme elle le mérite.” (reprise approximative de la formulation). Franco-libanais, Jean d’Ormesson ? eh oui ! ce fut l’un des scoops de la soirée !

Vie de l’association.

      L’échange, la rencontre mutuelle seront également au coeur du séjour des 10 étudiants français qui arriveront le 14 juillet prochain à Beyrouth avant de retrouver dans la montagne les jeunes d’Ain Dara avec lesquels ils passeront deux semaines. 
      La session de préparation de ces jeunes se fait en trois temps : après une première séance sur la diversité confessionnelle au Liban, richesse et défi, une seconde sur l’histoire libanaise, les jeunes auront vendredi soir prochain 22 juin de 19 h à 22 h la très grande chance de pouvoir bénéficier de témoignages, d’interventions et d’une projection qui ouvriront sur un débat sur le thème : “Mémoires et coexistence : le rôle de la société civile.” La rencontre a lieu dans le 14ème arrondissement à Paris, l’entrée est libre mais chacun est invité à apporter un plat, un dessert ou une boisson à partager. N’hésitez pas à participer à cette occasion de débattre et de rencontrer ces jeunes. D’autres jeunes Français qui s’apprêtent à partir au Liban cet été seront également présents (cf. pj).



      Trois membres de la première heure feront partie des intervenants : Aïda Kanafani-Zahar, chercheuse au Collège de France , Robert Eid, cinéaste  ainsi que Toufic el-Khoury, romancier auxquels viendra se joindre la romancière Carole Dagher pour évoquer son roman historique Le Couvent de la Lune. Tous quatre ont accepté de donner de leur temps pour ce petit groupe de jeunes : nous les remercions de tout coeur pour cette générosité.

      Ceux qui le souhaitent pourront acheter Le Couvent de la lune (Plon, 2002) à un prix exceptionnel de 10 € et le faire dédicacer par l’auteur.
      Il sera également possible d’acquérir, pour le prix de 20 €, le merveilleux conte pour enfants Petit pays. Ecrit par Rasha el Ameer (auteur du Jour dernier traduit de l’arabe classique et édité chez Actes Sud, 2009), illustré par Danielle Kattar, cet album a été entièrement édité en français au Liban par les éditions Al Jadeed, réputées pour le soin apporté à leurs productions. Mêlant la gravité à la fantaisie, relevé d’humour et même d’une note gourmande, il présente sous forme allégorique l’histoire récente d’un “petit pays” qui apprend la vie... et l’amour. Ces albums ont été mis à disposition de l’association par Rasha el Ameer afin que l’intégralité du produit de la vente soit versé à l’association. Les sommes rassemblées seront transformées en bons d’achat de livres français à la Librairie Antoine au bénéfice d’écoles libanaises. 



    Transition rêvée pour relayer l’appel de Joumana Chahal Timery, présidente de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Tripoli   à participer au grand rassemblement en faveur de la paix au Liban qui se déploiera en quatre lieux simultanément (cf. pj pour plus de lisibilité).

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     Ce rassemblement est non-partisan et c’est pour cela que nous relayons l’appel de Joumana.
      C’est l’occasion de rappeler un principe essentiel de l’association, évoqué à l’article 2 des statuts : “Apolitique et non confessionnelle, l’association est ouverte à tout partenariat, dès lors que le partenaire respecte les principes humanistes qui sont ceux de l’association, principes parmi lesquels on compte la liberté de pensée, la liberté de croyance, l’égale dignité de chacun sans distinction de sexe, d’origine, de race et de religion.” 

      Samedi 23 juin et dimanche 24 juin, Ezza Agha Malak, romancière et officier des Arts et des Lettres signera son livre Qu’as-tu fait de tes mômes, Papa ? au Lycée Henri IV, 23 rue Clovis Paris Vème de 14 h à 18 h. Nous vous invitons à aller lui rendre visite sur son stand : passer un moment avec Ezza c’est toujours l’assurance de passer un très agréable moment !

      Dimanche 24 juin (décidément l’actualité est riche !), nous vous invitons très vivement à venir écouter Roula Safar, mezzo-soprano  à Notre-Dame du Liban, 15 rue d’Ulm 75005 Paris. Comme son nom ne l’indique pas Victoria Prince, la compositrice “Violaine Prince est une compositrice libanaise pleine de talent et de sensibilité. Sa musique, pont entre l'Orient et l'Occident, vaut vraiment la peine d'être découverte, surtout servie par des interprètes aussi remarquables que Christine Marchais (piano), Marc Sieffert (saxophone), Roula Safar (mezzo-soprano), Georges Daccache (piano) et le chœur Varia Voce sous la direction d'Agathe Bioulès.” Zeina Saleh Kayali, co-auteur avec Vincent Rouques de l’ouvrage Compositeurs libanais – XXème et XXIème siècles, paru chez Seguier en 2011.

      Jeudi 14 juin a eu lieu le vernissage de l’exposition “Une idée de la France au Liban”. Nous en profitons pour re mercier l’Ambassade du Liban qui nous a donné la possibilité d’organiser dans les locaux de l’Office du Tourisme un prolongement parisien à l’exposition organisée par l’Institut Français de Tripoli et par son directeur, M. Etienne Louÿs. Regards croisés : exposées à Paris, ces photos prises par des collégiens et lycéens libanais et par des amateurs libanais, dans le cadre du concours organisé par l’IF de Tripoli sur le thème “Une idée de la France au Liban”, prenaient un autre sens vues depuis la France.


      Etienne Louÿs a évoqué les ateliers qui avaient été proposés aux candidats afin d’affiner leur regard, le défi que représentaient pour ces derniers l’évocation photographique d’un pays que la majorité n’ont jamais visité. Belles, symboliques, malicieuses ou touchantes, ces photos invitent à l’échange. C’est pourquoi nous avons voulu que les personnes présentes au vernissage votent et désignent les trois photos qui avaient leur préférence. Cela a donné lieu à des échanges très riches entre les personnes présentes, Français et Libanais.

      L’exposition sera ensuite itinérante. Nous vous tiendrons au courant des différents lieux d’exposition (associations, médiathèques, institutions diverses et écoles, à Paris et en province). Si vous souhaitez accueillir ces photos (28 photos en format 30 cm sur 40 cm), vous pouvez nous joindre à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . L’urne circulera aussi et à l’issue de l’année scolaire prochaine un prix sera remis par Francophonia au Liban aux trois lauréats. Il sera alors intéressant de comparer le choix effectué en France avec le choix du jury au Liban.

      Et maintenant, le traditionnel mot de bienvenue aux nouveaux arrivants. Depuis le mois dernier, c’est un arrivage massif ! Les quelques cèdres deviennent une forêt et la barre des 200 adhérents a été franchie ! Saluons donc l’arrivée d’Andrée, Céline, Randa, Samar, Elie, Marylise, Annarita, Maha, Marie, Soeur Nehmat, Amal, Joumana, Adib, Suzanne, Hala, Rita, Luc, Chantal, Romain, Geneviève, Pascaline, Farah, Adnane, Josiane, Ibrahim, Nada, Habib ainsi que Monseigneur Georges Bou Jaoudé. Un grand merci, merci ktir à tous pour leur confiance !

      Dans le bulletin de juillet, nous évoquerons la très belle expérience que fut l’accueil de deux éducatrices de l’école Don Bosco à Hadath (Baalbeck) au sein d’une école Don Bosco de Lyon ainsi que la très belle aventure humaine que fut l’opération “Les Saints-Coeurs en France” menée du 13 mai au 2 juin dernier. A titre de clin d’oeil, cette photo prise par Xavier de La Villegeorges  lors de la journée commune à Versailles le mercredi 23 mai : bleu-blanc-rouge libanais dans la cour d’honneur du Château (et au passage, un petit bonjour à Carole, Maha et Suzanne !)...



... suivi d’un bleu-blanc-rouge franco-libanais !




Amitiés,
Clotilde de Fouchécour , Nathalie Zoghaib , le Conseil et l’équipe de francophonia.

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