Maalouf : « Être élu est un symbole très important pour le Liban »

Amin-MaaloufPour l’écrivain Amin Maalouf, être élu à l’Académie française « est un symbole très important pour le Liban », a-t-il confié à l’AFP.
« Je ne suis pas de ceux qui boudent leur plaisir, c’est un grand honneur et un grand bonheur », a ajouté le romancier et essayiste qui vit en France depuis 1976 et succède jeudi à l’anthropologue Claude Lévi-Strauss.

« Mon élection à l’Académie française est un symbole très important pour le Liban, un moment que je vis intensément et qui est reçu dans mon pays d’origine avec la même intensité », a-t-il précisé.
« Le Liban est un élément fondamental de mon identité, mais ma relation avec ce pays se conjugue sur le mode de l’éloignement. Je n’y vais pas très souvent, mais je suis de très près tout ce qui s’y passe et j’y ai beaucoup d’amis », poursuit le prix Goncourt 1993, né à Beyrouth en 1949 dans une famille chrétienne. 

« Comme beaucoup de Libanais, j’ai trois langues, l’arabe, le français et l’anglais. Au Liban, je parlais arabe et travaillais en tant que journaliste en arabe. Quand je suis arrivé en France, je suis passé naturellement au français », explique-t-il.
« J’étais alors rarement venu en France, mais j’y avais mes repères culturels. Pour moi, ce n’était pas un pays étranger », assure l’écrivain.

 

« Souvent le regard de l’autre cherche à vous définir : en Occident, l’autre voit en vous un Arabe et au Moyen-Orient un chrétien. C’est comme ça, et au Liban, nous avons tous une sorte de scanner sociologique », sourit-il.
« Dès que j’ai commencé à me consacrer à la littérature, l’Académie française avait pour moi un sens. Je ne pensais pas alors y entrer, mais cette idée a peu à peu germé », ajoute le nouvel académicien.
Candidat une première fois en 2004, Amin Maalouf n’avait obtenu que dix voix. En 2007, postulant au fauteuil de l’écrivain Jean-François Revel, il avait finalement déclaré forfait avant le vote.
Ces échecs sont « maintenant des péripéties. Cela a été un long chemin, avec des épines et des chutes, mais aujourd’hui, c’est du passé, même si, sur le moment, on est déçu », convient-il.
« À mes yeux, les institutions sont importantes. Je me réfère en cela à Claude Lévi-Strauss qui a été sensible à l’Académie, au sens du rituel dans la vie d’une société, que ce soit en Amazonie ou... Quai Conti », siège de la vénérable institution créée par Richelieu en 1635, dont la fonction première est de veiller au respect de la langue française et de composer le dictionnaire.
« C’est un fauteuil prestigieux, intimidant et stimulant, et je m’en approche avec humilité et une immense joie », conclut Amin Maalouf.

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