Editorial 2013



Deux ans déjà : des réalisations et beaucoup, beaucoup de projets...


          "Dès les premières rencontres avec Mme de Fouchécour et avec l'équipe de Francophonia, l'Ambassade de France au Liban a souhaité encourager les actions de l'association sur le terrain, auprès des écoles libanaises notamment. Nous partageons en effet la même approche d'une francophonie ouverte, dynamique, respectueuse des traditions plurilingues du Liban, tournée vers l'avenir."
           Deux ans après la fondation de l'association le 22 novembre 2010, ces mots de soutien de Monsieur Denis Pietton, alors ambassadeur de France au Liban, continuent à nous accompagner et à fixer notre ligne d'horizon.


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                                   Photo de Christian Sleiman, 2012/concours de photos de l'IF de Tripoli (Liban).


Des réalisations...


          En premier lieu, il nous faut évoquer la mise en place, toujours à poursuivre mais déjà effective, d'un réseau d'amitié et d'entraidequi unit amoureux de la langue française au Liban, chefs d'établissement au Liban et en France, professeurs, étudiants ayant participé aux programmesd'échanges... 
      
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                    Une partie de stagiaires de la session d'automne 2012 à l'Ambassade du Liban à Paris, le 28 octobre 2012.
                    De gauche à droite : Claudette et Hana, de Tripoli ; Hanan et Amal, d'Aley et Ain Dara ; Mouhana et Sahar de Tyr.
                     De gauche à droite également : Romain Vignest, président de l'Association des Professeurs de Lettres ;
                    M. Naaman, conseiller culturel à l'Ambassade, et Nicole Michel (Conseil de Francophonia).   

           Grâce à ce réseau, un soutien a pu être apporté à des établissements qui souhaitaient maintenir voire relancer leur section francophone, ouvrir celle-ci sur la France, surtout lorsqu'il s'agit d'établissements enclavés ou d'enseignants. Pour chaque établissement qui entre dans le réseau, un ensemble d'actions est alors défini conjointement pour accompagner le chef d'établissement dans son projet. C'est ainsi que s'est mis en place un programme de stages d'immersion en France à l'intention de chefs d'établissements et de professeurs de et en français. Ces stages, rendus possible grâce à l'engagement de chefs d'établissements français volontaires et de familles d'accueil, répondent à un double objectif : permettre une véritable immersion tant sur un plan linguistique et culturel que pédagogique et favoriser l'établissement de liens d'amitié et de contacts professionnels pour l'établissement de partenariats pédagogiques durables. Deux sessions sont organisées chaque année : l'une au printemps, l'autre en automne. L'envoi de bénévoles français en vue de favoriser l'environnement francophone dans les écoles a commencé et sera complété très prochainement par l'envoi de professeurs français dans le cadre des échanges pédagogiques. L'aide à la constitution ou à l'actualisation des médiathèques scolaires en français vient naturellement compléter cet accompagnement. 
          
            Ce qui a été fait est bien peu par rapport à ce qui pourrait - ou ce qui pourra - être fait avec davantage de moyens tant humains que financiers, mais, en France comme au Liban, des témoignages nous incitent à penser que cette voie mérite d'être poursuivie tant ce qui a été partagé au cours de ces programmes a enrichi, nous dit-on, chacune des parties.

           Tout aussi importants à nos yeux, les programmes d'échanges culturels entre jeunes : les "camps d'été", en 2011 à Zahlé, en 2012 à Ain Dara ont permis à des jeunes Français, venus animer une école d'été, de découvrir de l'intérieur, presque charnellement, un pays qu'ils reconnaissent comme leur. A Ain Dara, l'été dernier, l'expérience de l'immersion dans les familles, renouant avec les pratiques ancestrales de l'hospitalité transméditerranéenne fut une expérience à la fois très simple et extraordinairement riche et belle.


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                                   Camp d'été 2012. Demeure privée à Deir el Qamar. Photo de Marie Gabet.


Des valeurs en partage.

          "Simplicité" : simplicité dans l'accueil, simplicité des actions entreprises et des moyens utilisés - la crise ne peut être une excuse pour faire moins ; en matière d'éducation, on peut faire beaucoup avec assez peu -, telle est l'une des qualités que ces deux années nous ont amenés à apprécier. Les autres valeurs qui se sont dégagées de notre - modeste - travail associatif ? L'importance du partenariat, l'exigence à maitenir même dans les petites actions entreprises et la priorité accordée à la jeunesse."De la disparition du passé, on se console facilement ; c'est de la disparition de l'avenir qu'on ne se remet pas", déclare le personnage principal du dernier roman d'Amin Maalouf, Les Désorientés, c'est-à-dire ceux qui ont perdu leur Orient. Mais l'avenir renaît avec chaque nouvelle génération et l'élargissement de l'horizon, de part et d'autre, est un ressourcement.

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                                         Demeure privée, Deir el Qamar. Camp d'été 2012. Photo de Marie Gabet.

           Et croiser les regards, comme ces échanges nous invitent à leur faire, loin de mener à l'indistinction, nous renvoient au contraire constamment à nous-mêmes et sans cesse se pose cette question : "Qu'avons-nous à partager ? Que souhaitons-nous partager ?" "Le français en partage", c'est-à-dire ? L'importance accordé à la culture et aux "choses de l'esprit", comme on disait naguère, mais aussi le refus des enfermements communautaires, l'éducation comme moyen de promotion sociale... et beaucoup d'autres choses, anodines en apparence ou essentielles, qui se sont partagées et qui constituent autant d'histoires particulières... Par son éducation francophone, explique un autre personnage du roman d'Amin Maalouf, "rien de ce qu'il y a en France ne m'est complètement étranger". Belle formule qui paraphrase la célèbre phrase de Térence : "Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger", Térence, le Carthaginois hellénisé devenu romain, en quelque sorte un Levantin de la diaspora avant la lettre. Oui, décidément, il faut reconstruire Carthage ! C'est d'ailleurs l'un de nos projets...

                                     
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Des projets...


          "Reconstruire Carthage" ? Vraiment ? La formule est en réalité une trouvaille de l'universitaire Patrick Voisin, promoteur de la filière "méditerranéene" d'enseignement des langues dans les établissements français, qui viendrait en complément des filières européennes. Cette filière associe à l'étude d'une langue sémitique, arabe classique ou hébreux, l'étude obligatoire d'une langue ancienne, le grec ou le latin, associé à l'étude de l'histoire de la Méditerranée. Nous aimerions soutenir et accompagner le développement d'une telle filière au sein de laquelle Libanais et Franco-libanais pourraient jouer un rôle majeur et qui ouvrirait des perspectives de partenariats pédagogiques entre établissements français et libanais extrêmement intéressantes.
           Autres projets : le choix de thèmes pour les sessions d'échanges de professeurs ; 2014 serait axée sur le français, langue scientifique ; 2015, le français et l'étude de l'histoire de l'art... Enfin, un très beau colloque est envisagé pour l'année 2013, pour les 70 ans de l'Indépendance du Liban. Nous en reparlerons bientôt.

          Beiteddine. Camp d'été 2012. Photo de Marie Gabet.


  

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